Pathologies psychiatriques et Déficience intellectuelle

Comme l’a mis en évidence le consensus d’experts réalisé en 2000 par l’American Association on Mental Retardation, la distinction entre comportements défis et troubles psychiatriques peut présenter des difficultés, en particulier dans le cas de patients présentant une DI sévère (Tableau X, Willaye E tableau inspiré de Rush et Frances p29).

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Certains troubles plus fréquents qu’en population générale

D’après l’expertise collective Inserm concernant les DI publiée en 2016, il est cependant important de prendre en compte la fait que :

« La fréquence de certains troubles psychopathologiques est plus élevée (de l’ordre de 4 à 10 fois plus) chez les personnes avec DI qu’en population générale. Par ailleurs, certains troubles tels que les TDAH, les troubles de l’humeur, ou encore les troubles du spectre autistique seraient insuffisamment repérés en raison de la non disponibilité d’outils ad hoc et d’une recherche diagnostique insuffisante. La présence de ces troubles constitue un sur-handicap qui peut entraver la participation sociale, le développement personnel et les apprentissages. Aussi des soins adaptés par des professionnels spécialistes de ce domaine sont requis. » 

Traitements psychotropes et déficience intellectuelle
Concernant la prescription de traitements psychotropes chez ces patients l’expertise souligne également une « absence de recommandations pour la prescription des psychotropes aux individus avec DI. Les traitements psychotropes (et en première ligne les neuroleptiques) prescrits chez les personnes avec DI, ne le sont pas directement en raison d’un trouble psychiatrique comorbide clairement diagnostiqué, mais plutôt de manière empirique et essentiellement face à des problèmes de comportement…. Malgré l’absence d’études contrôlées robustes, il est constaté une sur-prescription et une polymédication. En pratique, les patients avec DI sont polymédiqués, sans qu’une évaluation précise des bénéfices et risques de cette polymédication n’ait été réalisés. »

BONNOT O, COHEN D, THUILLEAUX D, CONSOLI A, CABAL-BERTHOUMIEU S, TAUBER M.
Psychotropic treatments in Prader Willi syndrome:  a critical review of published literature. European Journal of Pediatrics 2016; 175(1):9-18.

Pour améliorer le diagnostic des troubles psychiatriques chez les personnes avec DI, la filière peut s’appuyer sur l’expertise du Centre de référence « Maladies Rares à expression psychiatrique et schizophrénies à début précoce » de la Pitié-Salpêtrière et sur le Centre de Référence « syndrome de Prader-Willi » de Toulouse. Les actions de la filière recherchent également à diffuser et à contribuer à la mise en œuvre des recommandations formulées dans l’expertise collective Inserm « Déficience Intellectuelle ».

Il s’agit en particulier :

  • d’harmoniser les pratiques diagnostiques des troubles psychiatriques en France, sur la base des modifications apportées aux systèmes de classifications dans les pays anglo-saxons (Diagnostic Criteria for Psychiatric Disorders for Use With Adults With Learning Disabilities/mental Retardation, DC-LD et Diagnostic Manual–Intellectual Disability, DM-ID) et, ce faisant, d’anticiper l’évolution de ces modifications avec l’introduction récente du DSM-5 (donnant lieu au DM-ID 2), ainsi que la parution imminente de la CIM-11. Le DC-LD a pour avantage de différencier les comportements-défis des troubles psychiatriques ;
  • d’élaborer des guides de bonnes pratiques de prise en charge des différents troubles psychopathologiques associés à la DI. » 
Defiscience
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